C’est un moment suspendu. Ce genre d’instant où la petite pointe d’appréhension le dispute au plaisir suprême. Un moment presqu’aussi délicieux qu’une première fois. Presqu’aussi délicat qu’un retour à la vie. Arthur Fils patiente depuis six mois. Six mois qu’une blessure au dos l’a empêché de pratiquer son métier, sa passion. Une éternité pour un joueur de tennis. Six mois et ce soir, le moment de grâce. Arthur Fils effectue, à Montpellier, son retour sur le circuit. Lorsque Marc Maury va l’inviter à fouler le central Patrice Dominguez, tout reprendra sa place. Le soutien du public, l’œil du tigre, la rage de vaincre. Celui qui était le meilleur joueur français avant de devoir ranger provisoirement sa raquette « ressent beaucoup de joie et de bonheur. Je suis de retour, donc ça veut dire que tous les signaux sont au vert, tant mentalement que physiquement ». Montpellier est la première étape de son renouveau. La plus belle étape, parce qu’elle claque la porte au nez des mauvais souvenirs. Et qu’elle en ramène d’autres, beaucoup plus souriants. En 2023, il s’était hissé jusqu’aux demi-finales, ne s’inclinant que face à un certain Jannik Sinner. Montpellier n’est pas encore son jardin, mais déjà un lieu de villégiature. Les spectateurs de l’Open Occitanie, eux, n’ont rien oublié. Et sont prêts à reprendre à ses côtés cette histoire inachevée. « J’ai appris ça de moi : je n’ai pas une nature très inquiète ». Les amateurs de tennis, eux, de nature impatiente. L’attente a été interminable, elle touche à sa fin. Le retour de l’ex-numéro un français est imminent. Et c’est à Montpellier que ça se passe.